Le Sankalpa ou le pouvoir de l'intention
- Julie

- 6 janv.
- 7 min de lecture
Retrouve le pouvoir de l'intention dans ce cours audio en 10 séances
Si tu pratiques le yoga, tu as probablement déjà entendu parlé du sankalpa. Peut-être l’as-tu posé au début d’un cours sur la proposition de ta professeure, peut-être l’as-tu laissé filer sans trop savoir quoi en faire, car si pour certaines c'est une évidence, il est loin d'être facile de se laisser toucher par son pouvoir et surtout comment faire ?
Déposer un sankalpa est l’un des outils les plus puissants qui existe dans la pratique du yoga. Alors ce n'est pas spectaculaire, ni magique, en revanche profondément transformateur, il agit comme un acte de foi et de générosité que tu t'offres au moment ou tu te murmures ces quelques mots comme une incantation.
Dans mes cours, je te le propose dès le début, sans obligation, non pas comme une formule abstraite ou un vœu perché, mais comme un acte intérieur, simple et engageant, quelque chose qui te relie à tes convictions, tes rêves, tes souhaits et qui, semaine après semaine, peut réellement faire bouger des lignes intérieures.
Prenons le temps d’explorer ce qu’est vraiment le sankalpa : d’où il vient, comment il fonctionne, pourquoi il est central en yoga (particulièrement en yoga nidra) et surtout comment tu peux l’intégrer dans ton quotidien de femme, avec ses contraintes, ses élans et ses zones de fragilité.
Un peu d'étymologie, à l'origine du mot
Le mot sankalpa vient du sanskrit et se décompose en deux parties : "san" qui signifie "lié à la vérité, à ce qui est juste" et "kalpa" qui évoque "la promesse, le vœu". Ce n'est pas juste un souhait lancé dans l'univers en croisant les doigts mais une intention qui prend racine dans la reconnaissance de qui tu es vraiment, pas de qui tu penses devoir devenir pour être enfin acceptable. C'est la que la différence fondamentale réside.
Dans les textes anciens du yoga, particulièrement les Upanishads et les Yoga Sutras de Patanjali, le sankalpa apparaît comme un outil de transformation. Les sages avaient compris quelque chose que les neurosciences confirment aujourd'hui : notre esprit crée notre réalité, pas de manière magique, mais parce que nos pensées habituelles sculptent littéralement nos circuits neuronaux et influencent nos actions.
La tradition du Vedanta parle du sankalpa comme d'une "résolution née du cœur", une intention qui émane de notre nature profonde (notre "svabhava"). Ce n'est pas l'ego qui décide "je dois perdre 10 kilos pour être aimable", c'est une partie plus sage de toi qui reconnaît "je mérite de prendre soin de mon corps avec bienveillance".
Selon ces traditions, nous sommes traversées par des conditionnements inconscients : des schémas de pensée, des réactions automatiques, des croyances sur nous-mêmes. Le sankalpa agit comme une semence consciente que l’on plante pour réorienter ces conditionnements.
Dans les textes contemporains du yoga (notamment dans l’enseignement de Swami Satyananda Saraswati), le sankalpa devient un outil central de transformation intérieure, particulièrement lorsqu’il est utilisé dans des états de conscience modifiés comme le yoga nidra.
Déposer un sankalpa en début de cours de yoga ?
Dans un cours de yoga, le sankalpa posé en début de séance devient l'intention qui colore toute ta pratique, voir ta journée. Ce n'est pas juste un rituel pour faire joli mais une façon de donner du sens à ce que tu t'apprêtes à vivre.
Quand tu poses un sankalpa avant de dérouler ton tapis, tu crées un cadre. Tu sors du mode "je fais ma séance de sport" pour entrer dans "je prends un temps pour moi, pour cultiver quelque chose d'important". Ça change tout. Les postures deviennent alors des occasions d'explorer ton intention : comment est-ce que je peux incarner la douceur dans cette posture difficile ? Comment je peux honorer mes limites tout en restant ouverte ?
Certaines enseignantes proposent de revenir au sankalpa entre chaque série de postures, ou pendant les temps de repos intermédiaires, c'est une façon de ramener ton attention quand elle part dans le jugement ("je suis nulle, je ne tiens pas la posture") ou dans la performance ("il faut que j'aille plus loin"). Le sankalpa te rappelle pourquoi tu es là, ce qui compte vraiment.
En fin de séance, pendant shavasana (la relaxation finale), on invite souvent à se reconnecter au sankalpa. À ce moment, ton corps est détendu, ton mental est plus calme. Ton sankalpa peut descendre plus profondément en toi, comme une graine plantée dans une terre bien préparée.
Le Sankalpa dans le quotidien
Beaucoup de pratiquantes découvrent le sankalpa en cours de yoga et se demandent ensuite comment l'intégrer vraiment dans leur vie, mais personne ne leur dit, je te révèle aujourd'hui comment.
Commencer la semaine avec intention
Tu peux effectivement formuler un sankalpa en début de semaine, le lundi matin par exemple, avant que le tourbillon ne t'emporte, mais attention : ce n'est pas une to-do list spirituelle avec des cases à cocher.
Prends trois minutes, assieds-toi confortablement (même dans ton lit, même avec ton café), et demande-toi : "De quoi ai-je vraiment besoin cette semaine ? Quelle qualité veux-je cultiver ?"
Peut-être que c'est "Je mérite de poser des limites" si tu sens que tout le monde tire sur ta manche.
Peut-être "Je choisis la douceur envers moi-même" si tu sors d'une période difficile.
Peut-être simplement "Je suis présente" si tu réalises que tu passes tes journées en pilote automatique.
L'important, c'est que ce sankalpa résonne en toi quand tu le formules. Tu dois sentir quelque chose se détendre dans ta poitrine et ton ventre comme un "oui" profond que tu t'accordes, un soulagement.
Au fil de la journée
Une fois formulé, ton sankalpa devient comme un fil rouge discret qui traverse ta journée. Tu n'as pas besoin de le répéter cent fois comme un mantra (même si tu peux). Il suffit de revenir à lui dans les petits moments de pause : en attendant que ton ordinateur démarre, sous la douche, en coupant les légumes du dîner.
Deux astuces pour t'accompagner :
Les "points d'ancrage" : chaque fois que tu ouvres une porte, tu te rappelles ton sankalpa, ou que tu bois un verre d'eau, que tu enfiles ta veste... Ces micro-moments de reconnexion font toute la différence car ils ramènent ton attention à cet espace.
Tenir un carnet : tu peux t'offrir un joli carnet dans lequel tu noteras tes sankalpa hebdomadaires, tu pourras ainsi y revenir à ta guise, et y noter tout ce qui t'inspire et te traverse en lien.
Comment le formuler ?
Attention à ne pas formuler un sankalpa "injonction" : "Je vais être plus patiente", "Je ne vais plus stresser", "Je vais méditer tous les jours". Tu vois le problème ? Ça part de l'idée que tu n'es pas assez, que tu dois te corriger. NON NON NON et STOP !!!!!!!! Tu es déjà parfaite telle que tu es 🤍 Le sankalpa originel part de l'acceptation et de la reconnaissance de ce qui est déjà là en toi, il est formulé au présent, comme si c'était déjà vrai, parce qu'à un niveau profond, ça l'est. C'est juste que tu as oublié ou que tu ne t'en es pas encore donné la permission.
Le sankalpa d'état : Il décrit qui tu es déjà en essence. "Je suis en paix", "Je suis digne d'amour", "Je suis créative". Ce n'est pas un mensonge, c'est une vérité que tu reconnais sous les couches de doute et de peur.
Le sankalpa d'action : Il oriente comment tu veux vivre. "Je choisis ce qui me nourrit", "Je honore mes besoins", "Je me donne de l'espace pour respirer". C'est une direction, pas une obligation.
Le sankalpa de transformation : Il nomme ce qui émerge déjà en toi. "Ma confiance grandit", "Je m'ouvre à la joie", "Ma voix trouve sa place". Tu ne forces rien, tu reconnais et accompagnes un mouvement qui est déjà en cours.
Le Sankalpa dans le yoga nidra
Si le sankalpa est important dans le yoga en général, il devient absolument central en yoga nidra, l'une des pratiques que je transmet dans mes cours et mentoring. Le yoga nidra est souvent appelé "le sommeil yogique", un état entre veille et sommeil où le corps est complètement détendu mais la conscience reste présente, c'est dans cet état très particulier que le sankalpa trouve sa puissance maximale.
Alors je ne vais pas te dévoiler comment il est mis en place, schuuuut c'est mon secret de maître yogi mais je vais te dire...
Pourquoi il est la clé de voute de la pratique ?
Dans l'état de yoga nidra, tu accèdes à ce qu'on appelle l'état "alpha" ou même "theta" en termes d'ondes cérébrales, c'est un état où les défenses de l'ego sont au repos, où ton esprit critique s'est mis en veilleuse. Les messages que tu plantes à ce moment-là ont un accès direct à ton subconscient. Swami Satyananda Saraswati, qui a systématisé la pratique du yoga nidra dans les années 1960, disait que le sankalpa formulé en yoga nidra est comme une graine plantée dans un sol fertile, quand ton mental ordinaire ne filtre plus tout, quand tu n'es plus dans le contrôle et l'analyse, ton intention peut vraiment s'enraciner et à ce moment là la transformation opère.
Un sankalpa en yoga nidra, ce n'est pas de la magie instantanée. C'est de la transformation graduelle. Comme quand tu arroses une plante : tu ne vois pas la croissance d'un jour à l'autre, mais sur des semaines, quelque chose a définitivement changé.
Les traditions yogiques disent qu'un sankalpa formulé régulièrement en yoga nidra finit toujours par se manifester. Pas nécessairement de la façon que ton mental avait imaginée, mais d'une façon qui sert ton évolution. C'est pour ça qu'il est crucial de formuler un sankalpa qui vient vraiment de ton cœur, de ta vérité profonde, pas de ton ego ou de ce que tu crois devoir devenir pour être acceptée.
Ta graine n'attends que toi pour être plantée
Tu n'as pas besoin d'attendre le moment parfait pour commencer. Lundi prochain, ou même demain matin, prends trois respirations profondes. Pose ta main sur ton cœur. Et demande-toi simplement : "De quoi ai-je vraiment besoin en ce moment ?" La réponse qui vient, sans filtre, sans correction, c'est ton sankalpa qui t'appelle.
Ta transformation ne ressemblera à celle de personne d'autre. Et c'est exactement comme ça que ça doit être. Ton sankalpa est unique, ta voie est unique. Tout ce que tu as à faire, c'est planter cette graine, l'arroser avec constance, et avoir la patience du jardinier qui fait confiance à la vie.
La graine est déjà là. Elle attend juste que tu lui donnes la permission de germer.
Poser une intention, c'est s'ouvrir à tout ce que tu as
a t'offrir et accueillir qui tu es pleinement




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