Le printemps, attention à la belle saison qui bouleverse
- Julie

- il y a 4 jours
- 6 min de lecture
🎧Ton cours audio ressource🎧
Tu pensais souffler, te sentir légère, portée par ce grand élan de renouveau que tout le monde chante et surtout après cet épisode de pluie à n’en plus finir. Et pourtant… tu traînes des pieds, tu éternues, tu es crevée, tu veux tout faire et tu n'arrives à rien terminer.
Bienvenue au printemps, la saison la plus sous-estimée de l'année en matière de chamboulement intérieur.
Le paradoxe du printemps
Car oui il y en a un, à la fois la joie joie joie des oiseaux qui brillent et du soleil qui chante puis d'un autre côté l'énergie est telle qu'elle te dévore toute crue.
Tu la connais, cette sensation bizarre où tu as envie de repeindre ton appart du sol au plafond en passant par le fameux "ménage de printemps", tout ranger, tout recommencer, écrire dix projets en même temps, appeler des amis que tu n'as pas vus depuis l'automne, te remettre à courir, changer ta déco, et peut-être aussi déménager dans la foulée, voir changer de job et tout ça dans la même matinée. C'est l'énergie printanière dans toute sa splendeur, et elle est réelle.
Le printemps n’est pas une saison douce (pour l'énergétique) contrairement à ce que l’on imagine souvent. C’est une saison de poussée, de jaillissement, presque de débordement : la nature repart, les projets reviennent, l’envie de bouger, de trier, de créer, de voir du monde surgit presque d’un coup, comme si tout ce qui avait été ralenti pendant l’hiver voulait maintenant s’exprimer en même temps. Et au milieu de cette grande montée d’énergie, il n’est pas rare de se sentir paradoxalement fatigué, un peu débordé, parfois même irritable sans trop savoir pourquoi.
Plutôt que de lutter contre ce mouvement, j’aime apprendre à l’accompagner : écouter ce que cette saison vient réveiller, soutenir le corps dans cette transition, et adapter ma pratique de yoga tout comme mon quotidien pour rester dans le flux plutôt que de me laisser emporter.
Je te propose un ensemble d'outils, en tout cas ceux qui marchent pour moi, et crois-moi au printemps je suis vraiment un bulldozer, aujourd'hui je t'accompagne dans ce processus :
La fatigue printanière n'est pas un mythe
Saison ascendante, la sève monte, le monde se réveil, d'abord en douceur puis tout d'un coup ça nous explose au visage, sollicitation optimale, des journées plus longues, des couleurs plus nombreuses et plus vives, tout s'anime et s'agite et nous aussi, sommes faits de cette matière vivante, de cette énergie d’expansion, de croissance, qui nous traverse sans parfois savoir vraiment bien l'accueillir.
En médecine traditionnelle chinoise, le printemps est la saison du bois associé aux organes du foie et de la vésicule biliaire. Le bois pousse, il perfore la terre gelée, l'élan vital qui monte, l'envie irrépressible d'expansion, c'est beau, attendu, puissant et c'est aussi épuisant si tu ne lui mets pas un cadre.
L'Energie du Bois, quand elle déborde (déséquilibre) génère de l'agitation, de l'impatience, parfois même de l'irritabilité.
Exemple : je commence un rangement, je termine au jardin à planter des fleurs et entre temps j'ai rédigé 4 email et une tarte cuit au four. Tout est débuté mais rien n'est terminé.
Le système nerveux, lui, doit suivre cette accélération soudaine après des mois plus lents. Résultat : on peut ressentir des coups de fatigue, des réveils nocturnes, une sensation d’être un peu à fleur de peau ou d’avoir l’énergie qui part dans tous les sens.
Ce que je mets en place :
Accueillir la saison : au milieu de ce capharnaüm vivant que je suis au printemps, je m'accorde des moments de contemplation, j'ai la chance d'avoir un jardin. Je m'assois, je regarde les oiseaux, la nature, je contemple et je laisse cet état me toucher.
Garder le mouvement : tous les jours je prends au moins 30 min pour marcher, et quoi qu'il arrive je débute la journée avec mes mouvements matinaux.
2. Pourquoi le foie a un rôle clé à cette saison
En MTC, chaque saison est gouvernée par un couple d'organes (l'un yin, l'autre yang) et au printemps, c'est le foie et la vésicule biliaire qui prennent les commandes.
Le foie, c'est l'organe du grand ménage, il filtre, il trie, il élimine ce qui n'est plus utile, les toxines, les hormones usagées, les résidus de l'hiver. Aussi il distribue aussi le Qi - l'énergie vitale - dans tout le corps. Quand il fonctionne bien, tu te sens fluide, décidée, créative. En revanche quand il est surchargé - et au printemps, il l'est souvent - tu peux ressentir une rigidité physique dans les hanches et les côtés du corps, des maux de tête, les yeux qui fatiguent, une irritabilité qui sort de nulle part, ou une sorte d'impatience chronique envers toi-même et les autres. Ce n'est pas que tu es de mauvaise humeur., c'est que ton foie te demande de l'aide.
Ce que je mets en place :
Quelques postures de yoga ultra simples, une en particulier (j'en parle plus bas)
Une alimentation simple et de saison, mais aussi moins d'alcool (voir pas du tout) moins de gras, pas de nourriture transformée, et je mange plus léger.
Du yoga mais pas que
Au printemps, je ne pratique pas de la même façon et c'est quelque chose que j'aurais aimé comprendre plus tôt, ça m'aurait éviter bien des culpabilités en tout genre.
J'ai toujours eu une pratique de yoga - yin ou hatha yoga - très structurée, suivre la séquence à la lettre et pour autant je sentais que parfois quelque chose était un peu "à côté"
Au printemps je ressens une telle montée d'énergie, que je ne cherche plus à la canaliser mais plutôt à l'a laisser s'exprimer, je sens que c'est ce dont mon corps à besoin. C'est une sensation qui vient de la profondeur de mes corps.
Plutôt que structurer et canaliser, laisser vivre le mouvement.
Le printemps est associé à la créativité, à l'élan, à l'expansion, alors je ne cadre plus ce corps, je le laisse s'exprimer. C'est tout. Pas de recette, juste bouger d'un mouvement et d'une posture à l'autre.
Ce que je mets en place :
Mes fameux mouvements matinaux. au jardin, je reprends la pratique en plein-air
Je priorise les postures en torsion qui auront un effet detox directement sur le foie.
3 exercices faciles :
Assise en tailleur, cherche à faire des grands cercles avec le buste dans un sens et l'autre
Toujours depuis le tailleur ; cherche à regarder derrière toi, à droite puis à gauche
Le shaking vidéo ici
Tous les matins, je me “shot”
Hihi, oui tu as bien lu. Connais-tu le ginger shot ? Un petit verre concentré de gingembre et de citron qui vient réveiller doucement l’organisme et soutenir le système digestif.
Le ginger shot, c'est une concentration de tout ce dont le foie a besoin pour être soutenu et bien fonctionner : du gingembre, anti-inflammatoire, stimulant de la digestion, circulatoire, du citron, vitamine C, soutien hépatique, alcalinisant et du curcuma, antioxydant, protecteur des cellules du foie ; et une pincée de poivre noir qui, détail pas anodin, multiplie l'absorption du curcuma par vingt. C'est le genre de petit geste qui ne paye pas de mine et qui, sur la durée, fait une vraie différence.
La recette easy peasy tiger, abracadabra :
Du gingembre frais (5 cm)
1 citron pressé
Du curcuma frais (2 cm) ou une cuillère à café de poudre
une pincée généreuse de poivre noir.
Tu extrais le gingembre et le curcuma à l'extracteur, ou tu les mixe avec 50 ml d'eau et tu filtres.
Tu mélange avec le citron. Un trait de miel cru si tu veux adoucir.
Et voilà
Tu peux en préparer une petite dose pour trois ou quatre jours, conservée dans un bocal en verre au frigo, ou les mettre en bac à glaçon, super dans les cocktails aussi.
C'est rapide, puissant, tu m'en diras des nouvelles.
A toi de jouer maintenant et n'oublie pas, fais de ton mieux, c'est tout ce qui compte
Et bon printemps !!!
Une ode au printemps
Par François Roux
"Lorsqu'arrive ce temps 1er, où se cache la beauté de l'été vrai, tout se fait proche, ouvert, complice.
L'espace devient théâtre, se fait scène.
Le temps se dilue, perd sa hâte, replie ses angles.
Tout est là, parfaitement là.
Tout flotte dans une présence heureuse et lasse.
Il y a comme un grain de folie qui donne à la lumière sa force délicate.
Et la Lune elle-même ouvre ses bras avec la joie d'une mère retrouvant son enfant perdu.
Alors une seule parcelle du ciel devient grandiose et scintille l'eau et ses réponses fugitives.
La part secrète du bonheur retrouve ses marques et le cri des oiseaux qui strie le ciel donne à la vie le doux ressac de la mer toujours recommencée."




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